Journal de bord d’un confinement #2

J + 12. Je pensais avoir du temps. Je pensais avoir le temps. Ce billet aurait pu s’intituler « Utopie d’une confinée« …

J + 12. Le roi Grossbouff Ier engloutit les kilos de riz et fait de l’ombre à Jo et Ju qui transforment les règles de la bataille pour savoir qui fera la vaisselle ou le repassage, tandis que je mets en page une poésie de Michaux pour tenter d’en faciliter l’apprentissage et qu’on inonde la cuisine avec une expérience scientifique. –Quand je vous dis que l’instit de Mini-Moi prend de la bonne, c’est pas des blagues ! Je veux, que dis-je, j’EXIGE les coordonnées de son fournisseur !!

J+12. La machine à laver est toujours en panne, mais il faut limiter les sorties au strict minimum –cf la vidéo « Covid-19, c’est pas du bluff !« -. La laverie automatique me manque, -cf la vidéo « A la laverie« – et je n’en peux plus de faire tremper les chaussettes, de frotter les culottes et d’étendre les T-shirts. Une chose est sûre : mes mains sont propres !!

J+12. Lorsque je tente de me pencher sur quelques punchlines que j’espère bien senties, Mini-Moi se découvre des talents d’orateur et me narre les dernières aventures de RayMan, ou m’expose de nouvelles théories sur l’étendue de l’Univers. Je me recroqueville alors dans un coin et reste prostrée le reste de la journée, le regard fixe, les idées vides, m’interrogeant quant à l’éventualité de mes vies antérieures et le retour de flamme de mon karma.

J + 12. J’ai craqué… Lors de mon dernier passage au Drive, j’ai commandé de la pâté et des croquettes-bonbons… Joe le Quichon est désormais le maître incontesté de cet appartement, il fait ce qu’il veut et nous fait agir comme il l’entend. Nous nous serrons sur le canapé pour lui en laisser la moitié -SA moitié !– ; je me tasse sur le bord de mon lit quand il s’étire et que ses pattes se pressent contre moi, me faisant comprendre que non, ce matelas n’est pas ma propriété ; d’ailleurs, la place au soleil à côté de la porte-fenêtre sur la chauffeuse ultra-confortable ne fait pas non plus partie des endroits que nous sommes autorisés à occuper ; la porte des toilettes ne peut plus être fermée sous peine de sonores remontrances ; ce n’est pas lui qui se colle dans nos pattes et manque de nous faire échapper le plat chaud / la mousse au chocolat / le bol de lait que nous portons, c’est nous qui envahissons son espace vital. Joe n’a quasiment pas miaulé pendant 12 ans. On a droit à 12 ans de miaulements d’un seul coup.

J+12. J’agis le jour, je pense la nuit, mes rêves sont décousus, le résultat écrit de mes réflexions est pour le moins étrange. J’ai déjà été interrompue 7 fois le temps d’écrire ces quelques lignes. Le seul moyen que j’ai trouvé pour écrire et réfléchir tranquillement, c’est de lancer un long « AAAAAAAAAAAAAAAAHHHHH » qui m’empêche d’entendre les « MIAOUU !! » dictatoriaux du chat et les « MAMAAAAN » intempestifs du mouflet, suivi d’un 2e long « AAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHH », puis d’un 3e long « AAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHH », etc, jusqu’à ce que mon idée soit couchée sur le papier.

Joe me tyrannise, Mini-Moi me rappelle que la pomme ne tombe jamais bien loin du pommier, les voisins pètent un câble, et malgré tout, ce confinement se passe à merveille. Portez-vous bien !

10 joe
Joe le Magnifique

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